En cette période de relations franco-russes exécrables, il serait judicieux de revenir sur une ligne de sens reliant le Portugal, Paris et Saint-Pétersbourg. Découverte par Michel Bogé en 2025, cette ligne inspirée des apparitions mariales de Fátima est purement symplanistique, c’est-à-dire qu’aucune forme d’aménagement urbain ou de planification territoriale ne peut expliquer l’alignement des éléments qui la composent.
La seconde partie du Secret de Fátima
Lors de sa troisième apparition à Fátima, le 13 juillet 1917, la Vierge Marie aurait annoncé à trois jeunes bergers clairvoyants que la Première Guerre mondiale prendrait fin, mais qu’une guerre plus terrible surviendrait si l’humanité ne cessait pas d’offenser Dieu. Elle demanda la consécration de la Russie à son Cœur immaculé. Si ces demandes étaient respectées, la Russie se convertirait et une période de paix serait accordée au monde.
Transcrite par Lúcia dos Santos en 1941, la seconde partie de ce message précise que si les demandes de Marie ne sont pas exaucées, la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, ce qui provoquera des guerres et des persécutions pour l’Église et ses fidèles. Ce texte est interprété comme une référence au communisme, en raison de la proximité entre l’apparition de juillet 1917, l’arrivée de Lénine à Petrograd (Saint-Pétersbourg) en avril de cette même année, et la révolution judéo-bolchevique d’octobre.
De Fátima à Saint-Pétersbourg
Le sanctuaire de Notre-Dame de Fátima comprend plusieurs édifices monumentaux. Mais celui qui nous intéresse est la petite chapelle des apparitions érigée en 1919. Cette chapelle est orientée vers Saint-Pétersbourg, tout comme le porche qui la recouvre depuis 1982. Cela est encore plus évident si l'on étudie la disposition de la Basilique de la Très Sainte Trinité, inaugurée en 2007, par rapport à la chapelle des apparitions. Le trait reliant les deux édifices mène également vers Saint-Pétersbourg.
En plaçant le point d’arrivée sur la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul, le trait passe précisément sur la mairie du Kremlin-Bicêtre en banlieue parisienne. L’origine des lieux traversés pourra nous éclairer sur le sens de cette coïncidence.
Empire français contre Empire russe
Érigée sur le lieu même où Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703, la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul représente la continuité de l’Empire russe et de la monarchie jusqu’à la Révolution de 1917. Les restes de Nicolas II et de sa famille y ont été réinhumés en 1998, ce qui en fait l’un des hauts lieux de la mémoire impériale et du renouveau de la pratique religieuse en Russie au 21e siècle.
Pour sa part, Le Kremlin-Bicêtre est formé par deux noms d’origine différente. À la fin du 13ᵉ siècle, l’évêque anglais de Winchester fait construire un château en région parisienne, et le nom Winchester devient progressivement Bicêtre par déformation. Au 19ᵉ siècle, les rescapés de la Grande Armée fréquentent une taverne nommée « Au Sergent du Kremlin » dans le quartier voisin de l’hôpital Bicêtre. Le nom Kremlin apparaît sur les cartes dès 1832, si bien que Le Kremlin-Bicêtre devient le nom officiel de la commune en 1896. C’est le seul toponyme français qui commémore, officieusement, la désastreuse campagne de Russie de Napoléon!
Une plaque commémorative apposée en 1922 sur la mairie souligne les « 25 années de municipalité ouvrière, socialiste et communiste » de la ville, faisant ainsi écho aux événements sonnant le glas de l’Empire russe quelques années plus tôt.
Deux axes secondaires dans Paris
Michel Bogé a découvert deux lignes de sens supplémentaires dans la ville de Paris elle-même.
Un trait reliant le portique de l’ambassade de la Fédération de Russie à la flèche de la cathédrale Notre-Dame passe entre le Palais de l’Alma et un complexe moderne abritant le Gymnasium classique russe, le Centre d’études russes, ainsi que la Cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité.
Le Palais de l’Alma est un édifice classé monument historique dont le nom évoque la première grande bataille de la guerre de Crimée, où l’Empire français, allié à la Grande-Bretagne et à l’Empire ottoman, a vaincu les troupes russes en septembre 1854.
Les édifices voisins sont censés représenter les liens historiques, culturels et spirituels entre la France et la Russie. Aussitôt inauguré en 2016, les mauvaises langues surnomment ce complexe Kremlin-sur-Seine afin de discréditer le « régime poutinien » qui en a parrainé la construction.
On peut tracer un second axe depuis l’intersection des rues de Moscou et de Saint-Pétersbourg, dans le 8ᵉ arrondissement, en direction de la flèche de Notre-Dame. Le prolongement de cet axe vient rejoindre l’axe Fatima–Saint-Pétersbourg à la hauteur de la rue de Patay, après avoir traversé les rues de Domrémy et de Reims. Via Notre-Dame, les toponymes russes nous renvoient donc à l’épopée de Jeanne d’Arc, qui incarne l’unité et la souveraineté du territoire français.
La France à la croisée des chemins
Œuvre de la soviétologue Hélène Carrère d’Encausse (1929-2023), livre La Russie et la France : de Pierre le Grand à Lénine présente la relation tumultueuse entre les deux pays. Voici ce qu’en dit le quatrième de couverture :
La Russie, État-continent qui s’étend en Europe et en Asie, s’est toujours revendiquée puissance européenne. Et l’Europe, pour la Russie, fut d’abord et toujours la France. Celle de Louis XIV, des Lumières, de la Révolution et de l’Empire, des idées, de la langue, de la culture, de la liberté et de la puissance. Durant trois siècles, cette France a fasciné tous les souverains Romanov, acharnés à s’en faire reconnaître, accepter, aimer, à se voir accorder le statut de puissance égale de la France. La France y opposa durablement méfiance et hostilité, voyant dans la Russie un pays attardé, barbare, étranger à l’Europe et dangereux, avant de s’y allier lorsque le puissant Empire allemand lui imposa ce tournant. Durant trois siècles, la relation heurtée de ces deux pays a constitué une part essentielle de l’histoire européenne avant de sombrer dans le grand cataclysme de la Première Guerre mondiale.
Nous avons vu que la Vierge de Fátima interpelle directement la Russie durant la Première Guerre mondiale et associe son destin à celui de la paix mondiale. Par la symplanicité décrite plus haut, et avec le concours de Jeanne d’Arc et de Notre-Dame, la France est maintenant appelée à renouer avec ses origines chrétiennes et à tisser des liens plus cordiaux avec la Russie. Au moment d’écrire ces lignes, il semble qu’elle lui déclarera une nouvelle guerre ruineuse sur le front ukrainien, après avoir participé indirectement aux hostilités. Apprendra-t-elle de ses erreurs?