La psychogéographie désigne l’étude des effets du milieu géographique, consciemment aménagé ou non, sur les émotions et le comportement de l’individu. Apparue dans le contexte du situationnisme des années 1950, elle s’est progressivement élargie pour englober une exploration sensible et symbolique des espaces urbains et ruraux. Comme le ley hunting d’Alfred Watkins, la psychogéographie cherche à révéler les lignes invisibles de signification qui traversent le paysage — qu’elles soient d’ordre historique, mémoriel ou affectif. Elle invite à une lecture poétique du territoire, où la dérive et la cartographie subjective deviennent des moyens de redécouvrir les rapports entre lieu, mouvement et imagination. Cette attention portée aux forces latentes du paysage trouve son origine chez Guy Debord, qui décrivait la ville comme un champ parcouru de « courants constants » et de « vortex psychogéographiques » agissant sur la sensibilité humaine. Iain Sinclair reprend puis étend cette intuition dans le contexte britannique, en y intégrant une dimension topographique et narrative : ses explorations de Londres évoquent des lignes de force historiques et symboliques.

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Voici un alignement de sites remarquable dans l’East End de Londres, nous transportant de l’infiniment grand à l’infiniment petit à travers l’Observatoire de Greenwich, le centre financier de Canary Wharf et un mystérieux cercle de pierre.
Érigée en 1936, l’Obélisque de Buenos Aires est le point de départ des axes structurants de l’Amérique du Sud, et apparaît comme le « verrou » gardant tout le continent sous la tutelle de l’Empire.