John Bosnitch est un journaliste né le 15 février 1961 d’un père serbe et d’une mère canadienne, à Fredericton au Nouveau-Brunswick. De double nationalité, il emploie souvent le mot « prédestination » pour décrire le timing de sa propre naissance au Canada pendant qu’une éclipse solaire totale était visible au-dessus de la Serbie, ainsi que les circonstances qui l’ont mené à défendre le champion d’échecs Bobby Fischer, détenu au Japon à la suite de pressions exercées par le Département d’État américain. Son ouverture d’esprit et son parcours international en faisaient le candidat idéal pour une recherche symplanistique sur de longues distances.
John a notamment travaillé aux États-Unis, au Canada et en Serbie, mais nous retiendrons ici trois moments clés de sa carrière :
- son bras-de-fer avec la direction de l’Université du Nouveau-Brunswick alors qu’il y dirigeait l’association étudiante au milieu des années 1980;
- son séjour à Sarajevo à titre de correspondant de guerre pour des journaux japonais en 1995.
- sa fructueuse carrière de journaliste et de conseiller politique au Japon, qui prend une tournure inattendue lorsque le champion d’échecs Bobby Fischer est emprisonné dans ce pays en 2004.
Match revanche contre l’Empire
Le fil conducteur de ces événements est le colonialisme anglo-américain sous toutes ses formes.
John Bosnitch a tôt fait de percevoir le Canada comme une base arrière de l’Empire. Qualifiant sa province natale de « plantation » et son establishment universitaire de « corrompu », il part étudier à l’Université McGill, à Montréal, dont il constate le caractère raciste et matérialiste.
Correspondant à Sarajevo, il constate à quel point les médias anglo-américains comme CNN et Reuters manipulent l’information et tiennent un discours anti-serbe incompatible avec toute notion de neutralité. C’est avant que l’OTAN ne bombarde la Yougoslavie sans avoir obtenu l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU, de mars à juin 1999. Cette intervention unilatérale et illégale en droit international confirmera ses appréhensions.
Au Japon, John se retrouve lui-même sous le flash des photographes lorsqu’il fonde la Comité pour libérer Bobby Fischer. Le champion d’échecs est alors recherché par le Département d’État des États-Unis pour avoir commis le « crime » de défier les sanctions américaines en jouant un tournoi d’échecs à Belgrade en 1992. Fischer se retrouve injustement emprisonné par un État vassal sous prétexte de passeport non valide. Or, John connaît bien la culture japonaise et le fonctionnement des médias et utilise ces atouts à son avantage. Fischer parviendra à quitter le Japon en 2005 avec un sauf-conduit islandais. Il finira ses jours à Reykjavík, où il avait été sacré champion du monde en 1972.
Une ligne de vie éloquente
En reliant le lieu de naissance précis de John Bosnitch avec son domicile à Belgrade au moment de faire cette recherche, l’on observe deux choses :
- Le trait traverse le Pentagone – quartier de Bruxelles homonyme du bâtiment abritant le département de la Défense des États-Unis – sans toutefois toucher le siège de l’OTAN situé en périphérie. Il passe également sur le Palais royal et l’édifice Paul-Henri Spaak abritant l’hémicycle du Parlement européen. Les familles régnantes et l’Euro-Reich créé de toutes pièces par les États-Unis s’invitent dans la conversation! Mais il y a plus significatif encore...
- Le trait passe à 50 mètres de la Pagode de la Paix Nipponzan-Myōhōji-Daisanga, située à Milton Keynes, au Royaume-Uni. Première du genre construite dans l'hémisphère occidental, cette pagode jouxte le labyrinthe de Willen, aménagé en 1988 sur un plan similaire à ceux de Saffron Walden et de la cathédrale de Chartres. Cette association entre spiritualités orientale et occidentale apparaît comme un antidote aux énergies maléfiques du reste de la ville. En effet, Milton Keynes est une « ville nouvelle » construite dans les années 1970 au cœur d’un Royaume-Uni en décrépitude. Elle se définit comme une smart city abritant quantité d’entreprises du secteur des TI, de l’intelligence artificielle, de la défense et de la cybersécurité!
Sur le plan symbolique, la Pagode de la Paix, représentant ici le Japon au cœur du Royaume-Uni, est donc la pièce maîtresse qui a permis à un Serbe de mettre l’Empire en échec. Tâche magnifiquement accomplie par John Bosnitch lorsqu’il a fait libérer Bobby Fischer de sa geôle nippone!
Photo principale : Dan Davidson, 2015.