L’éclosion de hantavirus à bord d’un bateau de croisière néerlandais a fait couler beaucoup d’encre ces dernières semaines, à tel point que certains ont flairé une pure « opération de communications » d’une OMS en perte de crédibilité depuis le fiasco des vaccins covid. Voici ce que dit la symplanicité à ce sujet.
Commençons par relier le point de départ du MV Hondius le 1er avril 2026 (terminal de croisières d’Ushuaia, Argentine) et son point d’arrivée le 18 mai (le quai Calandsteiger 7 à Rotterdam). Le tout forme une ligne droite de 13 589 kilomètres.
L’itinéraire réel du navire est plus complexe et a notamment passé par la Géorgie du Sud, Tristan da Cunha et l’île de Sainte-Hélène, d’où un premier passager décédé le 11 avril a été évacué. Mais la symplanicité emprunte le plus court chemin.
Examinons donc la relation de ce « plus court chemin » avec la suite des événements, une fois que le hantavirus des Andes a été formellement identifié comme la source d’un deuxième et d’un troisième décès.
- La croisière devait se terminer le 3 mai à Praia, capitale du Cap-Vert, mais les autorités du pays ont refusé le débarquement. Trois passagers gravement malades ont cependant été évacués via l’aéroport Nelson-Mandela, situé à 29 kilomètres de la ligne, pendant que le navire restait ancré à bonne distance du rivage.
- L’évacuation de la totalité des passagers restants a eu lieu au port industriel de Granadilla, Tenerife, à seulement 8,5 kilomètres de la ligne. C’est ici que nous atteignons le maximum de précision géographique de l’alignement, ainsi que le maximum de visibilité médiatique de toute l’opération. La déviation de l’axe principal, ici, est d'à peine 0,063 % ou 1/1600.
- Nous voyons aussi que la ligne passe à 7 kilomètres du siège social de la compagnie Oceanwide Expeditions, au port d’attache de Flessingue, aux Pays-Bas.
- Enfin, les 25 membres d’équipage restants ont été mis en quarantaine sur un quai isolé du port de Rotterdam, ce qui a mis fin à cette funeste croisière.
Au-delà de l’aspect sanitaire de cette histoire, l’on voit que les îles du Cap-Vert et les îles Canaries ont retrouvé leur rôle de relais historique entre l’Europe et l’Amérique du Sud. Un rôle que ces îles jouaient à l’époque où des marins hollandais, portugais et espagnols exploraient les océans à la recherche d’opportunités commerciales.
Photo : Le MV Hondius au large de l’Antarctique | discover-the-world.com